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NPNS vs Orelsan, épilogue

10 mai 2018

Devant l’avalanche de réactions que la position de NPNS suite aux 3 victoires de la musique d’Orelsan a provoqué, il semble souhaitable de faire œuvre de pédagogie quant aux valeurs de notre association et de rappeler l’historique de la querelle.

En 2009, NPNS et quelques autres organisations avions estimé que les propos d’Orelsan dans deux de ses chansons – « Sale Pute » qui date de 2006 et « Saint-Valentin » qui date de 2009 étaient intolérables. A l’époque, nous avions compris l’intention de l’artiste, mais les mots faisaient mal, d’autant plus qu’ils étaient repris, sans deuxième degré cette fois ci par les jeunes que nous croisions lors de nos interventions scolaires. Nous avons donc décidé d’attaquer Orelsan en justice et nous avons perdu : c’est une question de goût et rien d’illégal.

NPNS n’apprécie toujours pas les menaces qu’Orlesan y profère : elles font écho au quotidien de nombreuses de nos victimes.

Et le temps a passé. L’artiste a gagné en notoriété. Il n’en a pas pour autant repris les deux titres controversés sur ses albums, il ne les produit pas sur scène, il n’a pas péroré suite à sa victoire en justice. Il n’a eu de cesse de réaffirmer qu’il était respectueux des femmes, et a même été honoré par deux victoires de la musique en mars 2012, qui n’ont fait hurler personne.

Depuis, rien à redire, si l’on comprend que son langage fleuri est celui de la rue. Il consacre même aux féministes un épisode de « Bloqué! » en 2014 – intelligent et drôle. Il a sorti un nouvel album l’année passée …. qui fait un tabac. Nous ne l’écoutons pas plus que le précédent parce que ce n’est pas notre style de musique, parce que nous reste en tête la triste mélodie de « sale pute » et qu’on a tellement d’autres choses à faire que d’avoir un avis sur un disque. Nous avons toujours les victimes à recevoir, aider, conseiller, nous allons dans les écoles de la République pour y exposer nos valeurs, et parler de tolérance, de respect de l’autre, d’ouverture d’esprit. Nous ouvrons des antennes un peu partout en France, le tout, toujours sans grand soutien des pouvoirs publics (hormis le CGET).

Un soir, à la télé, son nouvel album reçoit trois victoires de la musique et patatras, la controverse : faut-il retirer à Orelsan ces victoires ?

On ne sait pas d’où cette pétition vient, les principales organisations féministes ne s’expriment pas sur le sujet. Pressentant que cette affaire allait prendre de l’ampleur, et afin d’étayer nos arguments féministes et préparer nos punchlines, nous avons écouté le disque. Nous n’avons rien décelé de suspect : nous avons découvert un album où Orelsan parle d’amour, de respect et de tolérance, où il défend la fidélité, s’interroge sur la célébrité, confie sa nostalgie, son attachement à sa bonne ville de Caen et défend le vivre ensemble … le tout de façon agréable à écouter même pour les féministes que nous sommes. En fait, nombre des valeurs qu’il défend sont les nôtres. Alors en réponse à de nombreuses sollicitations, nous avons exprimé cette opinion sur les réseaux. Cette prise de position a eu incommensurablement plus d’écho que lorsque nous intervenons dans le débat public sur n’importe quel autre sujet, quelle ironie !

Certains disent ne pas reconnaître NPNS. Nous pourrions donc avoir des divergences avec d’autres camarades féministes sur de nombreux points, mais lorsqu’il s’agit d’une chansonnette il faudrait absolument rester solidaires ? Comment expliquer ensuite aux jeunes que nous rencontrons tous les jours qu’il faut respecter la justice lorsqu’on se permet de la remettre en question à la première contrariété ? Ils condamnent Orelsan par principe, sans même avoir pris la peine d’écouter son dernier disque. Ce que nous n’avions pas fait à l’époque : nous avions écouté avant de décider de passer par la justice. C’est justement ce dogmatisme, de condamner par principe, qui écarte bon nombre de femmes et d’hommes du féminisme.

NPNS c’est du respect et de la tolérance, pas de l’enragisme. Simple et basique.