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Missions du pôle juridique de NPNS : interview

10 juin 2018

Amélie, stagiaire au pôle juridique de l’association, nous explique l’importance et le fonctionnement de celui-ci dans le processus d’aide mis en place pour les femmes victimes de violence.

Quelle est ta fonction au sein de NPNS ? Comment en es-tu arrivée à y travailler ? Pourquoi ?

Je suis juriste stagiaire au sein du pôle juridique de NPNS. Durant mon master 1 pénal et sciences criminelles, j’ai été accepté au sein d’un programme qui permet d’effectuer un stage de plusieurs mois au sein d’une structure lors du deuxième semestre. Ayant fait un BTS économie sociale familiale et travaillé dans la gendarmerie au pôle des violences familiales, je tenais à faire mon stage dans l’associatif et plus particulièrement dans l’aide aux victimes. C’est pourquoi cette mission au sein de NPNS fut parfaite pour moi.

Comment définirais-tu l’association, ses actions, ses valeurs, ce qu’elle défend ?

De manière générale, les valeurs principales de l’association se trouvent dans la devise : égalité, laïcité, mixité. L’association défend un féminisme universaliste. Sa priorité est l’aide aux femmes victimes de violences, leur reconstruction et les interventions scolaires pour sensibiliser au respect. Il est nécessaire de travailler sur les conséquences des violences, mais également sur les causes, faire des interventions scolaires est donc primordial. Pour changer les mentalités, il est important de sensibiliser et former au respect dès le plus jeune âge.

Sur quel type de dossiers travaille le pôle juridique de l’association ? Comment fonctionne-t-il ?

Au sein du pôle juridique de l’association, il n’y a pas d’avocats. Notre rôle est principalement le conseil, nous expliquons aux femmes les démarches qu’elles peuvent enteprendre et les procédures à suivre, ainsi que les conséquences par rapport à leur situation. Notre rôle réside également dans le fait de rassurer les femmes. Beaucoup de femmes viennent à l’association avec leurs enfants, elles ont peur de perdre la garde de ces derniers. Dans ce cas, notre rôle est de les rassurer et de les orienter au mieux afin de les aider dans la procédure devant le juge aux affaires familiales. En cas de classement sans suite de leur plainte, nous leur expliquons pourquoi, et les différents recours qui s’offrent à elle. Dans l’hypothèse où les femmes ne souhaiteraient pas porter plainte, nous ne les incitions pas à le faire, mais leur expliquons les conséquences pour leur avenir selon le cas, dépôt de plainte ou non.

Quelle est la démarche à suivre lorsqu’une femme victime vient demander de l’aide ? Comment l’association l’aide concrètement ?

Lorsqu’une femme vient demander de l’aide, nous réalisons un premier rendez-vous à l’association, où elle nous explique les raisons de sa venue, et ce qu’elle attend de nous. Dans l’hypothèse où l’association ne pourrait pas répondre favorablement aux demandes de la femme, nous l’orientons toujours faire une structure qui pourra l’aider au mieux.

Dans le cas contraire, nous lui donnons un autre rendez-vous avec un des pôles de la structure, selon les besoins de la personne, social, psychologique et/ou juridique, axé sur la mise en place d’une aide concrète. Elles peuvent alors revenir régulièrement afin d’assurer un suivi. Pour le pôle juridique, notre travail s’arrête lorsque les avocats prennent le relai, sauf si ces dernières souhaitent des conseils tout au long de la procédure. Nous travaillons également beaucoup par mail avec des femmes qui ne résident pas en région parisienne, et donc ne peuvent pas se déplacer.

Quel est le pourcentage de femmes qui s’en sortent après avoir été aidées par l’association ?

En général, une femme qui vient demander de l’aide à l’association a déjà l’idée et la détermination de partir du foyer. Mais la plupart des femmes que nous suivons retournent plusieurs fois chez elle avant de quitter définitivement le domicile conjugal. Le plus difficile pour ces victimes est donc de franchir notre porte.

Qu’est-ce que l’association t’a apportée sur le plan personnel et professionnel ?

Travailler pour NPNS m’a apporté beaucoup de connaissances sur le féminisme, et le droit des étrangers. Ce stage m’a également permis de développer encore davantage mon autonomie, ma persévérance et m’a confortée dans l’idée de travailler auprès des victimes de violences.

Cet interview vous a motivé pour faire partie du pôle juridique de l’association et vous souhaitez donner de votre temps ? Vous pouvez postuler pour un service civique ou un stage en envoyant votre CV et lettre de motivation en précisant les missions que vous voulez effectuer ainsi que vos disponibilités à contactnpns@gmail.com